Lors d’une conférence de presse donnée ce 24 septembre, les syndicats de l’intersyndicale ont rappelé leurs revendications en marge de la manifestation de la fonction publique prévue le 29 septembre prochain. « Cette mobilisation intersyndicale nationale est en lien avec la défense des salaires de la fonction publique, les conditions de travail et le budget », rappelle Sarah Hayot, co-secrétaire de la FSU de l’Hérault.
"Le gros point noir est ce budget 2027"
En ligne de mire des syndicats : le futur vote du budget 2027 du gouvernement, prévu le 30 septembre prochain. « Le gros point noir est ce budget 2027 avec ces 54 milliards d’économies qui viendraient à nouveau porter un coup à la fonction publique. Cela se retrouve dans les collectivités territoriales, à l’hôpital, dans l’éducation, où les manques de moyens font que des choix sont faits sur le personnel et leur statut », dénonce Mathieu Guy, secrétaire de la CGT du conseil départemental de l’Hérault. Ce manque de moyens entraîne alors, selon l’intersyndicale, un problème de précarité des agents ainsi qu’un manque de cotisations pour les caisses de retraite.
Fin du gel et revalorisation du point d'indice
Plus précisément, du côté des salaires, les syndicats, et plus particulièrement la FSU, dressent le constat suivant : « Entre 2020 et 2026, la valeur du point d’indice de la fonction publique a augmenté de 5 % quand l’inflation a augmenté de 21 % », affirme la représentante de la FSU. Le point d’indice est la valeur qui sert à calculer le salaire de base des fonctionnaires. Il est multiplié par leur indice majoré, qui dépend notamment du grade et de l’échelon, pour obtenir leur traitement brut. Depuis juillet 2023, la valeur mensuelle du point d’indice est de 4,92 euros. Pour l’intersyndicale, cette valeur du point d’indice constitue leur principale revendication. Ainsi, les syndicats demandent que le point d’indice suive l’évolution de l’inflation et réclament donc une revalorisation de ce dernier. « Nous sommes d’accord pour dire que, depuis le gel du point d’indice et l’inflation qui explose, c’est insupportable. Nous avons un accord pour demander que le point d’indice rattrape au moins l’inflation », affirme Guillaume Marsault, co-secrétaire général adjoint du SNES-FSU de l’Hérault, un constat partagé par l’ensemble des représentants syndicaux présents.
À titre d’exemple, « un adjoint administratif de catégorie C au deuxième échelon à l’indice de 478 a perdu 755 euros de pouvoir d’achat depuis 2000 », avance Mathieu Guy afin d’illustrer l’impact des différentes périodes de gel du point d’indice. Après plusieurs années sans revalorisation, le point d’indice a notamment été augmenté en 2022 et 2023, à des taux toutefois inférieurs à l’inflation.
Des conditions de travail et d'accueil qui se dégradent
Les syndicats déplorent également le manque d’investissement de l’État dans les infrastructures de la fonction publique, notamment face au dérèglement climatique. « Cet été, sur le service public, les pompiers en ont pris plein les yeux, les professeurs ont subi la canicule dans les établissements scolaires, un hôpital où cet été les températures atteignaient les 37 degrés dans les chambres. Est-ce que ce sont des conditions dignes de travail et d’accueil ? », questionne rhétoriquement Sébastien Boudesocque, secrétaire général de la CGT de l’Hérault. Du côté de l’éducation, le SNES-FSU demande à l’État « de permettre d’avoir des budgets pour rénover le bâti scolaire et permettre d’avoir des conditions de travail pour tous les élèves qui soient décentes parce que travailler par 35 degrés c’est impossible et dangereux », alerte Guillaume Marsault.
"Nous allons nous retrouver demain avec des fonctionnaires qui seront des smicards"
Parmi les autres mesures, l’intersyndicale demande le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agents en congé de maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence, l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes, ou encore des moyens budgétaires à la hauteur des besoins et des missions des services publics. Pour conclure, Sébastien Boudesocque alerte : « Si on continue ainsi, nous allons nous retrouver demain avec des fonctionnaires qui seront des smicards. On est sur une précarisation complète du fonctionnariat. »
La dernière mobilisation de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, où 5 000 personnes s’étaient mobilisées à Montpellier et 1 000 à Béziers, selon les syndicats, qui espèrent un mouvement d’ampleur le 29 septembre prochain. La mobilisation partira de la place Albert-1er à Montpellier à partir de 14 heures.