"J'ai pas vendu beaucoup. Environ 70 euros par jour". Ce lundi 19 octobre, Mohamed comparaît pour la première fois devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Le jeune de 22 ans est notamment soupçonné d'avoir vendu de la drogue.
Dix jours plus tôt, les forces de l'ordre reçoivent un renseignement anonyme faisant état d'un trafic de stupéfiants organisé via l'application de messagerie Telegram. Une surveillance est alors mise en place. Quelques jours plus tard, Mohamed est identifié comme le conducteur d'une Clio utilisée pour effectuer les livraisons. Il est interpellé le 14 octobre. Les investigations se poursuivent avec la perquisition de l'appartement qui aurait servi de lieu de stockage des stupéfiants. À l'intérieur : de la drogue, du matériel de conditionnement mais aussi des munitions.
J'ai peur des représailles
"Il a commencé au mois d'août à faire son petit trafic, seul, avec un bénéfice totalement dérisoire", souligne la défense, Me Gallix. D'abord dans le déni lors de ses premières auditions, Mohamed finit par reconnaître les faits au troisième interrogatoire.
"J'ai vendu 200 à 300 grammes de cannabis", rappelle-t-il dans le box des prévenus. Un volume que la présidente confronte aux éléments retrouvés par les enquêteurs. "Les policiers ont quand même retrouvé 2200 euros en espèces", rappelle-t-elle, avant de chercher à remonter jusqu'à la source de l'approvisionnement : "Vous les aviez achetés où les stupéfiants ?". "J'ai peur des représailles", bredouille Mohamed. "Vous ne voulez pas en dire plus ?". "Non", conclut-il en jurant avoir tout organisé seul.
La présidente revient sur les munitions découvertes lors de la perquisition. "Pourquoi étiez-vous en possession de ces munitions ?", lui demande-t-elle. Mohamed explique les avoir achetées à un ami qui souhaitait s'en "débarrasser". "Aviez-vous l'intention d'acheter une arme ?". "Non". Des munitions qui pèsent dans les réquisitions. La procureure de la République les juge "très inquiétantes" et requiert 18 mois d'emprisonnement, dont 12 mois assortis du sursis probatoire. "Il faut tenir compte de son casier judiciaire vierge et lui laisser une chance", objecte Me Gallix.
18 mois d'emprisonnement intégralement assortis du sursis probatoire
Après délibération, le tribunal correctionnel de Montpellier condamne le prévenu à 18 mois d'emprisonnement intégralement assortis du sursis probatoire.