Quelques jours après la rentrée universitaire, la précarité est au coeur des inquiétudes étudiantes. Ce mardi 15 septembre, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture à Montpellier (Hérault). Dans la foule, un slogan donne le ton : "étudier est un droit, pas un privilège".
Parmi les principales revendications : la hausse du coût de la vie et des loyers, qui contraint un nombre croissant d'étudiants à vivre dans la précarité. Les mouvements étudiants dénoncent également une "sélection sociale et raciste" à l'université, estimant que les mécanismes de sélection pénalisent en particulier les étudiants les plus précaires et ceux dont le parcours scolaire a été moins linéaire.
Le SCUM dénonce les frais d'inscription des étudiants étrangers
"Depuis la rentrée, des étudiants de notre université paient plusieurs milliers d'euros leur inscription sur le simple fait d'être étranger", relate l'un des porte-paroles du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM). Le mouvement s'en prend ainsi à la politique dite "Bienvenue en France" qui prévoit des droits d'inscription différenciés pour certains étudiants extra-européens. "Pour les étudiants concernés, l'inscription en licence coûte désormais 3000 euros et celle en master monte à près de 4000 euros, soit 16 fois le coût d'un étudiant européen actuellement", dénonce-t-il.
Au-delà des frais d'inscription, le syndicat dénonce également les difficultés d'accès aux aides et aux logements universitaires pour les étudiants étrangers. "Les étudiants étrangers sont déjà exclus du système de bourse et de logement du Crous en licence", affirme le porte-parole. Le SCUM voit dans ces différentes mesures "une politique discriminatoire" et dénonce plus largement une logique jugée "raciste".

Le SCUM dénonce les frais d'inscription des étudiants étrangers
Il n'y a pas de bons ou de mauvais étudiants, on veut l'exonération de tous les étudiants"
Présent lors de la mobilisation, le Réseau Université Sans Frontières a lui aussi mis en avant les difficultés rencontrées depuis la rentrée. "Nous recevons des étudiants qui nous font part de leurs problèmes concernant principalement le logement étudiant et les frais d'inscription". Certains étudiants seraient encore sans solution de logement plusieurs jours après la rentrée.
L'association pointe également le fait que "seulement 30% des étudiants étrangers pourront être exonérés au bon vouloir de la commission d'exonération". Sa revendication est claire : "Il n'y a pas de bons ou de mauvais étudiants, on veut l'exonération de tous les étudiants".

Une centaine de personnes devant la préfecture à Montpellier
"Une revendication historique de l'extrême droite" selon Le Poing Levé
Le collectif Le Poing Levé Montpellier a également pris la parole pour dénoncer la politique "Bienvenue en France". "Non seulement c'est une loi particulièrement raciste mais c'est aussi une revendication historique de l'extrême droite qui milite depuis des années pour la préférence nationale", soutient l'un des porte-paroles du mouvement.